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NuitBlanche@CRI

Motion as Actor of Change

Nuit Blanche@CRI

Motion as Actor of Change

Nuit Blanche @CRI propose un parcours entre arts et sciences, un chemin libérant les consciences au cours duquel les mouvements aussi organiques qu’intellectuels seront au centre du réveil citoyen.

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Tout au long de cette exposition, nous ferons à nouveau le parcours évolutionniste de la vie sur notre planète, tout en bousculant les époques, afin de créer un chaos intérieur. Ces différentes étapes, tel un parcours initiatique, amorceront notre métamorphose nous transformant de simples spectateurs d’un cataclysme annoncé en acteurs et auteurs d’une histoire qui reste à écrire.

Avant de démarrer notre parcours évolutionniste, projetons nous dans le futur. Dans une réalité que nous n’aurions pas su éviter et qui reflète nos comportements actuels. C’est le voyage prospectif que nous propose Elodie Coquillat, designeuse, dans Maison & Volution. Dans cette performance, l’artiste y aborde le futur de nos intérieurs. Face aux défis environnementaux et sociétaux, comment nos maisons, reflet de nous-même, évoluent-elles? Comment, après la technologie, la biologie s’y intégrera – t – elle ?

L’expérience immersive au cœur d’un monde où nous ne voulons pas forcement vivre, nous interpelle sur ce que nous aurions raté, sur ce que nous n’avons pas vu ou pas voulu voir. Saint-Exupéry dans le Petit Prince nous rappelle que l’ “On ne voit bien qu’avec le cœur, ce qui est essentiel est invisible avec les yeux. Voici une première étape qui nous force à considérer la fragilité de l’équilibre sur notre planète.

Commençons maintenant notre odyssée en faisant un bond de plus de 3 milliards d’année en arrière, à l’heure où les premières formes de vie, les micro-organismes, apparaissent sur la planète. Wild, d’Hotel Fury et Céline Kern se veut-être une célébration bioluminescente du vivant. Avec la complicité de musiciens, l’artiste évoquera chaque élément en s’inspirant des différentes symboliques dont il est porteur. Ce voyage poétique invite à une rencontre de la nature dans toutes ses dimensions y compris l’espace. Des liens dessineront / définiront, au cours de la soirée, un mandala à taille humaine. Cette oeuvre appelle à la méditation, à la réflexion, comme une nouvelle étape vers un retour sur soi, sur les autres et sur notre planète.

Réflexion sur soi, sur le monde, sur nos comportements. Comment se situe l’Homo sapiens dans cette histoire du monde ?
Ne sommes nous finalement qu’une symbiose de différents bio-éléments telles que bactéries ayant évoluées en mitochondries ou virus “domestiqués” sous forme d’épisomes. “Complexus” d’Olivier Bory est un assemblage d’objets contemporains qui vient questionner notre vision du monde. Dans ce corps humain reconstitué à l’aide d’images plastiques reflets d’une civilisation, la santé comme thématique d’atelier nous permet de repenser l’unité de notre propre personne, grâce à un mélange visuel d’éléments biologiques et spirituels.

Homo sapiens, un être doué de conscience, de créativité, d’innovation. Mais quels sont les impacts de ce que nous créons notamment en termes de technologie ? Dans un élan de conscience citoyenne, Daniel Assayag, avec Fake, rend hommage aux institutions qui oeuvrent pour le changement en s’insérant dans une dynamique de l’invention par la frugalité, et agissent ainsi en faveur des objectifs de développement durable.

Poursuivons notre relation à la technologie. Quel est le rôle que l’homme lui a dévolu ? Et si là aussi, nous remontions le temps et revenions à des structures élémentaires : bobine, fil, électricité… C’est tout le travail que la jeune designeuse, Claire Elliot, mène sur les tissus connectés ou sur le numérique sans écran. Elle a créé une interface textile où des capteurs repèrent le mouvement de l’utilisateur, du corps dans l’espace et le retranscrivent en temps réel, donnant cette impression de miroir.
Soft mirror, avec l’absence d’image, nous interpelle sur l’obsession de l’image de soi et nous offre le reflet mental de nous même, d’un monde où nous ne serons pas dépendants de la technologie mais où elle servira le bien commun.

Parcours temporel et physique chaotique, revenons à l’infiniment petit. Microbes of the CRI, de Tamara Milosevic et Kristian Nakic, est une mini exposition où des formes graphiques nous révèlent la grande diversité et l’omniprésence des micro-organismes sur notre planète. Adaptation, communication, évolution. Pouvons-nous parler de formes primitives d’intelligence? Car ces êtres, pas si élémentaires que cela, analysent, comprennent, apprennent et s’adaptent à des situations nouvelles. Cette expérience qui brouille les frontières entre art et science, montre que la science peut être un art en soi, avec ses propres codes, outils et matériaux. De cette manière, l’art rend la science plus perceptible, plus compréhensible et ainsi joue un rôle formidable dans les processus de vulgarisation scientifique.

Avant de continuer notre voyage accordons nous un instant de réflexion et d’analyse, le temps d’un Café des Sciences. Pleen le Jeune , scientifique engagé en faveur de la médiation scientifique, vous emportera au coeur d’un mouvement en plein essor qui vise à décrypter la science, ses enjeux, ses découvertes, et ainsi comprendre leurs applications et leurs impacts sur notre passé, notre présent et notre futur.

Maintenant que nous sommes tous devenus des scientifiques, repartons au temps de la jeunesse de notre planète en faisant un bond de quelques milliards d’années. Avec Nothing in the shell, de Pauline Brami et Marie Siguier, nous serons confrontés à une vision primitive ou projection futuriste, d’une nature hostile. Inspirée de l’île d’Islande, de ses volcans, cette oeuvre, par la représentation d’une terre craquelée, d’une atmosphère vaporeuse, de la chaleur (symbolisée par les bougies), telle une convection thermique de matière en fusion évoque la rupture de la pangée. Les sculptures en céramique évoquent l’énergie tellurique, la tectonique des plaques et la naissance des reliefs sur notre planète. Un retour vers le passé que nous refusons de voir s’étendre à notre futur.

Afin que les scénarios catastrophes que nous entrapercevons au cours de cette exposition, ne deviennent pas réalité, nous devons, telle la génération Greta, initier un changement. Films en Mouvement d’Aurélien Peilloux est un programme de courts-métrages qui placent en leur coeur la question du changement : changement d’un quartier, changement amoureux, changement dans la vie et dans le processus créatif… Pensons le mouvement comme une étincelle, un catalyseur d’un changement auquel nous aspirons.

Nous avons évoqué tout à l’heure, l’intelligence des micro-organismes, nous venons d’évoquer l’intelligence des hommes, poursuivons nos processus d’évolution tant celui des intelligences que celui de notre corporalité.

Feeding on Infinity, d’Eric Ericson, invite les participants à co-créer des tapisseries visuelles avec de nouvelles formes de vie synthétiques. Chaque interaction entre deux participants engendre des animations d’anomalies cellulaires, d’épanouissement biomorphique et de visages faussement vivants. S’appuyant sur des modèles de machine learning et des ressources informatiques open source, l’installation explore les manières dont les technologies collaboratives, liées à l’intimité de la connexion humaine, peuvent créer des moments uniques de beauté à l’ère du Big data.

Nous voici maintenant devenu acteur d’une expérience ludique utilisant l’intelligence artificielle. Avec Transparent Vault, au-delà du jeu dans lequel nous devons décrypter un algorithme, Jonathan Grizou met en scène les paradigmes d’interactions homme-machine.

Poursuivons notre voyage numérique par une immersion dans une nouvelle réalité que nous qualifierons de virtuelle. Hielo, de Peru Medem Barrera , est un voyage transcendant dans l’abîme d’un nombre. Pas le nombre d’or, symbole de beauté et de divin, mais un nombre intangible, froid, lointain et synonyme d’une fin tragique annoncée : 454 457. Ce sont les mètres cubes d’eau qui fondent chaque jour en arctique. Le visiteur est appelé à percevoir toutes la dimension spatiale, temporelle, émotionnelle et spirituelle de ce nombre, nouveau cavalier de l’apocalypse.

En revivant le parcours évolutionniste de notre planète, de notre histoire d’Homo sapiens, nous avons simultanément accompli un voyage intérieur. Revenons un moment à notre point de départ, au Mandala (Wild – Hôtel Fury). Il représente des concepts et des phénomènes subtils, essentiels pour la compréhension de l’homme, de l’univers et des liens qui les unissent : le fini et l’infini, l’impermanence et la permanence, l’unité et la globalité.

Disparition des banquises, amoncellement de déchets, gaspillage d’éléments vitaux, rareté, impermanence. Il est temps de cesser de penser et d’agir de manière égocentrée mais d’appréhender nos actions dans leur globalité. Josie Watson nous invite, avec WaterPrint, une installation artistique et technique, à une expérience immersive au cours de laquelle le visiteur est appelé à réfléchir à son rapport à l’eau.

Et si pour terminer notre odyssée, nous prenions du recul par rapport à nous-même, par rapport à notre planète. Jean-Pierre Goux, nous embarque le temps du rêve d’un siècle bleu, pour un voyage au long court, au delà de la stratosphère. Nous prendrons conscience de la beauté de notre planète, de sa fragilité et de sa petitesse dans l’univers. Depuis quarante ans, les alertes se succèdent et notre maison continue de brûler. Le temps de l’alerte est révolu. Voici venu le temps de l’action radicale, celle qui remonte à la racine des problèmes. Avec d’autres mouvements, Gaïa a ouvert la voie mais ne pourra pas changer le monde sans vous. Ce n’est qu’en unissant nos rêves et nos forces que nous parviendrons à guérir la Terre et retisser les liens humains. L’artiste nous appelle à former tous ensemble la Nébuleuse Gaïa.

Au cours de notre périple, nous avons pris conscience, même si nous vivons à l’ère de l’anthropocène, que nous n’étions pas totipotents. Nous ne pouvons plus ignorer la fragilité de notre planète, de l’importance de chaque être vivant et de l’ampleur de nos dérives. Nous ne sommes que des locataires ici-bas, des êtres faits de poussière d’étoiles, dont la vie ne dure pas plus qu’un soupir sur la portée de l’existence de l’univers. Aussi, nous devons préserver notre Terre pour toutes les générations futures quelles que soient les espèces qui constitueront ces générations.

Aussi, après le voyage que nous venons de vivre, permettez nous de vous poser une question :
Why will you wake up tomorrow ?

Nous, nous avons choisi. Nous oeuvrons pour et par les Objectifs de Développement Durable. Montaigne disait qu’il préférait une tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine. Nous ambitionnons de former les futures générations à avoir les deux et à être capables de penser en dehors de la boîte.

Et si vous n’avez pas encore la réponse à notre question, nous vous invitons, avant de vous endormir ce soir, à repenser à cette phrase de Gandhi : “soyez le changement que vous voulez voir dans le monde”.