Menu
Sofie Leon, coordinatrice du programme doctoral FDV

Sofie Leon, coordinatrice du programme doctoral FDV

By In crimagine, Perimé On January 12, 2016


Aux frontières de l’imagination

Sofie Leon, coordinatrice du programme doctoral FDV

Aux avant-postes de la recherche et de l’enseignement innovants, le CRI s’est d’emblée positionné comme institution pionnière en repoussant tour à tour les frontières dans le domaine des sciences du vivant et des sciences de l’éducation. De cette volonté de pousser les savoirs établis dans leurs retranchements est né un double parcours pour explorer tant les frontières du vivant et que celles de l’apprendre.

Un nouveau doctorat transdisciplinaire in CRI

En 2016 le CRI, fidèle à son esprit explorateur, se lance un nouveau défi : celui de proposer à ses étudiants un nouveau doctorat aux frontières des sciences, de l’art, du design et de l’éducation. La mission d’imaginer ce programme doctoral revient à Sofie Leon, docteur en mécanique computationnelle, qui coordonne déjà le programme doctoral existant au CRI. La tâche n’est pas mince: ce programme universitaire ambitieux, qui embrasse l’ensemble des domaines de recherche touchés par le Centre, représentera un cursus transdisciplinaire, permettant non pas seulement de croiser les disciplines entre elles, mais de dépasser ces partitions disciplinaires.

L’imagination au service du design pédagogique

C’est avec enthousiasme que Sofie Leon relève le défi qui lui a été confié par François Taddei. La chose primordiale aux yeux de celle-ci: avant même de regarder ce qui se fait à l’extérieur et qui pourrait ressembler de proche en proche au projet visé, faire table rase de ces idées préconçues sur les programmes doctoraux pré-existants et se reposer des questions essentielles et premières – qu’est-ce qu’un doctorat? Quelle est la fonction d’un tel parcours intellectuel et académique? Un tel travail de design pédagogique inédit et de réflexion approfondie sur la création d’un doctorat coïncide donc pour Sofie avec une forme d’épochè, c’est-à-dire, en référence aux philosophes stoïciens et sceptiques grecs, une suspension momentanée du jugement. Sofie nous vient directement d’un parcours académique prestigieux et canonique aux Etats-Unis. Le paradoxe souvent observé au CRI veut que ce soit ceux qui ont emprunté la voie dite royale qui s’attachent à imaginer des voies de traverse alternatives.

Accueillir les esprits imaginatifs sans discipline fixe

Comment est née cette idée de créer un nouveau programme doctoral à l’interface de toutes les disciplines déjà traitées au CRI? Le jour où un étudiant, dans le parcours sinueux de sa réflexion et de sa recherche, est sorti du cadre. Aurélien Peilloux s’est inscrit en thèse dans le parcours “frontières du vivant”, mais il s’est rapidement tourné vers une démarche peu connue en France, la recherche-création, et un sujet qui prenait racine dans un lieu de l’entre-deux disciplines: les sciences et l’art, et en l’occurrence le cinéma. A peine inscrit, le voilà déjà hors-champ.

Comme le souligne Sofie Leon, un sujet comme le sien, au carrefour de plusieurs domaines de recherche, risque fort, dans un contexte peu propice, d’être l’objet d’incompréhensions et de malentendus disciplinaires de la part des spécialistes issus de chacun de ces domaines. L’idée de ce programme de doctorat est née pour héberger des esprits créatifs et pionniers comme celui d’Aurélien qui ne se satisfont pas des forces disciplinaires en présence, dans leur pré carré.

Le hack de soi

Les étudiants n’ont de cesse de mettre le modèle du CRI à l’épreuve et poussent le Centre dans ses retranchements – d’ailleurs c’est précisément selon ces critères qu’ils sont choisis. En voulant encadrer d’un point de vue pédagogique l’éclosion de la créativité, le risque non négligeable serait de l’étouffer en essayant d’en entretenir la flamme. Au contraire, le CRI comme lieu de créativité, est caractérisé par une dialectique vertueuse entre le cadre et le hors-cadre. Certes, les programmes d’enseignement du CRI prévoient un cadre pré-défini, le moins intrusif possible, pour permettre aux étudiants d’exercer leur créativité en toute liberté, mais surtout ils sont prêts à prendre acte du fait que certains sujets vont déborder du cadre par excès d’imagination. François Taddei aime à dire que le but du CRI est de former des esprits hétérodoxes capables de hacker le CRI lui-même.