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Philosophie pratique de l’éducation et de la formation

Objectifs

Cette formation diplômante vise le renforcement professionnel des acteurs de l’éducation et de la formation. Elle dispense un outillage conceptuel actualisé pour l’analyse des pratiques professionnelles et de leurs enjeux. Elle partage des ressources pour l’invention de dispositifs expérimentaux d’enseignement et de formation.

Public et prérequis

La formation est destinée aux professionnels de l’éducation et de la formation :
enseignants de toutes disciplines et de tous niveaux en éducation formelle ou non formelle, formateurs d’adultes, conseillers en formation, concepteurs de formation, consultants et évaluateurs, personnels de direction d’établissements, concepteurs des industries de formation (startups, éditeurs), animateurs de fablab, de living lab…
En formation initiale c’est un complément à la formation disciplinaire, dans un objectif de professionnalisation.
Le niveau demandé est celui d’une licence universitaire acquise.
Une dérogation est possible, sur la base de la motivation.

Programme

a « Politique et pédagogie expérimentale »
Le cours portera sur le problème de la formation du sujet humain, tel qu’il s’est posé à la modernité dans le cadre des politiques de citoyenneté ou d’égaliberté (Etienne Balibar).
La thèse centrale du cours est que cette formation est devenue à la fois nécessaire et problématique : d’un côté, elle est nécessaire à la constitution du sujet humain dont la nature n’est pas donnée mais doit être construite, moyen de réalisation de la liberté individuelle ; mais d’un autre côté, le processus éducatif est profondément soumis à la contingence originaire qui marque désormais la figure de l’homme, et la construction de la liberté ne cesse d’osciller entre le fantasme d’une maîtrise absolue de l’existence et la menace d’une vie vouée au hasard.

Il s’agira :
1/ d’étudier les formes conceptuelles, en particulier philosophiques, dans lesquelles ce problème a été posé et traité ;
2/ de dégager les enjeux proprement politiques de ce problème, étroitement lié, dans sa naissance, son développement, et ses différentes configurations, aux politiques d’égaliberté ;
3/ d’examiner un ensemble d’expérimentations ou de tentatives pratiques, scolaires ou extra-scolaires, pédagogiques ou para-pédagogiques, qui se sont efforcées de l’affronter, d’en reformuler les termes, et de le déplacer : éducation de Victor de l’Aveyron par Jean Itard, colonies de Makarenko, ciné-train d’Alexandre Medvedkine, pédagogie institutionnelle, école de Barbiana, « tentatives » de Fernand Deligny, « institution éclatée » de Bonneuil (Maud Mannoni), Groupes Medvedkine, etc

b « Philosophie des institutions »
Ce cours se propose de revenir sur les ambiguïtés constitutives du modèle scolaire républicain dans ses différentes expressions contemporaines.
Par « modèle scolaire républicain » nous désignons à la fois un corps de principes structurant le fonctionnement des établissements d’enseignement, un ensemble d’injonctions portées par la parole institutionnelle et une tradition politico-pédagogique inscrite au cœur de notre identité nationale.
Contrairement à ce que pourrait laisser penser la nostalgie diffuse qui accompagne souvent l’évocation de « l’école de Jules Ferry », cette tradition est loin d’être homogène et fait l’objet d’un travail de réappropriation permanent qui apparaît à bien des égards comme un effort pour résorber des tensions inhérentes à cette tradition et que les mutations des sociétés post-modernes ont rendu de plus en plus manifestes.
Symbole de la « méritocratie républicaine », le principe de l’égalité des chances qui représente sans doute, en dépit des critiques dont il a pu faire l’objet, le critère de mesure de la justice du système éducatif le plus prégnant dans nos représentations, apparaît ainsi comme solidaire d’une valorisation de la mobilité sociale qui eut été hors de propos à l’époque de Jules Ferry, quoiqu’il ne soit pas pour autant illégitime de l’envisager comme une émanation de la matrice idéologique sur laquelle s’est édifiée l’école laïque.
De même, les discussions actuelles autour de la laïcité cristallisent aujourd’hui bien autre chose qu’une simple résistance à l’autonomisation de la sphère publique par rapport à l’emprise des Eglises : elle exprime plus largement les difficultés de l’institution à faire valoir son autorité face aux logiques et revendications individuelles, y compris lorsque celles-ci sont le fait de ceux-là même qu’il s’agit d’éduquer.
C’est à l’aune de ces reconfigurations philosophiques, que nous envisagerons les questions éminemment concrètes qu’une pensée de l’école se doit d’affronter aujourd’hui.

a « L’être humain : questions d’éthiques du soin »
Il s’agira d’aborder les enjeux éthiques des actes éducatifs à partir de trois perspectives :
– d’une part, la fondation de l’éthique sur le sentiment de respect,
– d’autre part la sollicitude comme renouvellement du rapport éthique à la personne vulnérable,
– enfin l’ancrage de la conscience morale sur la pratique de la pensée et de l’imagination du semblable ».

b « Les relations d’échange en contexte multiculturel : Qu’est-ce qu’apprendre ensemble ? »
« Qu’est-ce qu’apprendre ensemble ? » : tel sera le problème que nous parcourrons, en réfléchissant sur les enjeux philosophiques et la grande exigence de ce « ensemble ».

Le fil sera double : épistémologique et éthique.
1) Il s’agira de comprendre à quelle(s) condition(s) une idée peut avoir du sens pour celui qui l’apprend – et comment se forme la relation éducative. L’analyse de ce qu’est un problème philosophique nous permettra de saisir les conditions nécessaires pour qu’un individu s’approprie réellement une idée ou un geste.
2) Nous explorerons l’hypothèse éthique et démocratique radicale suivant laquelle les processus d’apprentissage ne peuvent avoir lieu que si les individus établissent entre eux une relation d’égal à égal.
En effet, un certain apprentissage du rapport à l’autre se joue au cœur de tout apprentissage et de toute relation éducative : s’y forme notamment la confiance en soi (en un sens philosophique et proprement éthique, que nous explorerons, et pas seulement psychologique).

a « Être et savoir »

Le cours propose d’envisager la relation pédagogique comme une relation entre deux êtres de culture et de savoirs, c’est-à-dire entre deux êtres humains toujours déjà engagés dans une histoire linguistique, culturelle, collective, histoire dans laquelle il n’y a pas de « temps 0 », pour aucun des êtres en présence.

On cherchera donc à nourrir d’un point de vue philosophique cette conception de l’enfant et de l’adulte comme pris dans un processus continu de formation, en portant l’accent sur l’idée d’une humanité prise dans des langues, des récits, des fables, voire des mythes, qui articulent l’être et le savoir.
D’une part, on approfondira les tensions entre différentes conceptions de la culture, de l’humanisme au multiculturalisme contemporain.
D’autre part, on se penchera sur la trajectoire de subjectivation et d’individualisation que le concept de culture permet, ou non, de penser.

b « Humanités numériques »

L’expression Humanités numériques désigne actuellement un champ de recherche transversal aux lettres, à la philosophie, aux sciences de l’antiquité, à l’histoire et à la géographie, et aux sciences informatiques. Il est utile de se pencher sur l’apport, les effets et le sens de ce champ de recherche.

Il s’agit dans ce cours de discuter la perméabilité de l’enseignement à la recherche, comme ensemble de méthodes, de connaissances, mais aussi de présupposés.
Il s’agit aussi de discuter le pouvoir des humanités numériques sur les positions subjectives des enseignants comme des étudiants : affaiblissement des frontières entre disciplines, construction de nouveaux objets d’apprentissage et d’expérience pédagogique, réflexion sur humanités et humanisme, emprise des sciences numériques du document sur les pratiques pédagogique, primauté de la valeur d’accessibilité des données, matériaux et documents (dans le temps et l’espace de l’apprentissage).
L’atelier partira d’une étude de cas, le programme Venice Time Machine de l’Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne. Nous en mènerons l’analyse épistémologique et tenterons une extrapolation à des situations d’enseignement et d’apprentissage, en relation avec les thématiques du DIU (expérimentation, éthique, relation, subjectivation) .

Partage des travaux, questionnements et expériences individuels, portfolios personnels, accompagnement des cours, accompagnement pour le travail final.

Les modalités d’évaluation

L’évaluation est réalisée :
● d’une part au cours de l’enseignement, sur la base de travaux individuels et de groupe
● d’autre part par l’écriture puis la défense d’un mémoire.

Les plus / Compétences acquises

Renforcement professionnel, réflexivité et inventivité peuvent être mis au service d’une valorisation des carrières, d’un projet de conversion thématique, de préparation de concours, de qualification pour des nouveaux professionnels.

Lieu de formation

Centre de Recherches Interdisciplinaires
Tour Maine Montparnasse
33 avenue du Maine
75015 Paris

Déroulé

Durée
75 h de formation, dont 15h d’accompagnement pédagogique.

Module 1 « Philosophies politiques »
Deux cours :

  • “Philosophie et pédagogie expérimentale» 9h de Cours Magistraux + 1h de TD
  • “Philosophie des institutions » 9h de CM + 1h de TD

Module 2 « Humanismes et éthiques de l’éducation »
Deux cours :

  • « Les enjeux éthiques des actes éducatifs » 9h de Cours Magistraux + 1h de TD
  • « Les relations d’échange en contexte multiculturel » 9h de CM + 1h de TD

Module 3 « Philosophies de la culture et des savoirs »
Deux cours :

  • « Être et savoir» 9h de Cours Magistraux + 1h de TD
  • « Humanités numériques » 9h de CM + 1h de TD

+ Heures de tutorat : en continu tout au long de la formation, en suivi individuel et collectif (15h)

+ Travail personnel : en continu tout au long de la formation, travail individuel de lecture et d’écriture, accompagné par le tuteur

Contacts DU

Responsable du diplôme universitaire
Mme Sophie Audidière
(Université de Bourgogne-Franche Comté)

Coresponsable du diplôme universitaire
Mme Sophie Pène
(Université Paris Descartes)

Coordination & administration

Contact DU

Frederick Deleage – Ingénieur pédagogique de formation IIFR

Tél : 01 76 53 11 30

Julie Camonin – Assistante pédagogique

Tél : 01 76 53 11 21

Inscriptions
Service Commun de Formation Continue Université Paris Descartes
date limite : 8 janvier 2017

Équipe enseignante

Sophie Audidière, Logiques de l’agir, Université de Bourgogne-Franche Comté /  responsable de la formation
Sophie Pène, Université Paris-Descartes / Institut innovant de formation par la recherche, coresponsable de la formation
Anne-Claire Husser, Université de Lyon / Centre de recherche sur les liens sociaux
Antoine Janvier, Université de Liège / Unité de recherche en philosophie politique et philosophie critique des normes
Carole Widmaier, Université de Bourgogne-Franche Comté / Logiques de l’agir
Julien Pasteur, Université de Bourgogne-Franche-Comté
Sébastien Charbonnier, Université de Lille III

Calendrier

18, 19 et 20 janvier 2017 (module 1)
15, 16,17 mars 2017 (module 2)
17, 18, 19 mai 2017 (module 3)
Soutenance des travaux
en novembre 2017

Tarifs

400 € en individuel
800 € avec prise en charge employeur
+ 300 € Frais de dossier, en sus